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Pour les francophones de niveau B1-C2 en espagnol

On ne juge pas votre espagnol. On juge votre caractère.

En français, vous choisissez vos mots. En espagnol, vous prenez ceux qui viennent.

Vous vous débrouillez très bien. C’est justement le problème.

Personne ne vous corrige, et tout le monde en conclut quelque chose.

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Pour les francophones qui parlent déjà espagnol. Trois minutes, dix situations, résultat immédiat.

Yurniel Lahera, professeur d’espagnol, debout devant un mur clair, un stylo à la main

Où j’ai enseigné l’espagnol

Trois sphères. Vous en reconnaîtrez plus d’une.

Au travail

  • Vous demandez quelque chose en l’entourant de précautions, comme vous le feriez en français.

    Ce que l’on entend

    quelqu’un qui n’est pas sûr de ce qu’il demande.

  • Votre phrase monte à la fin, comme elle le ferait en français.

    Ce que l’on entend

    de la nervosité, ou une question, là où vous étiez sûr de vous.

3 autres exemples
  • On vérifie quand même votre réponse auprès de quelqu’un d’autre.

    Ce que l’on entend

    quelqu’un dont on n’est pas tout à fait sûr, même quand il a raison.

  • En réunion, vous attendez que la discussion ralentisse pour prendre la parole, ou vous la laissez filer.

    Ce que l’on entend

    quelqu’un qui n’a pas d’avis, là où c’est la vitesse qui manque, pas l’avis.

  • On vous dit, après coup, que vous n’aviez pas réagi, ou que cela n’avait pas l’air de vous intéresser.

    Ce que l’on entend

    du désintérêt, voire un manque d’implication.

Entre amis

  • Quelqu’un fait une blague. Vous souriez, un peu en retard, sans être sûr d’avoir compris.

    Ce que l’on entend

    quelqu’un qui manque d’humour, ou qui n’a pas suivi.

  • Vous continuez à dire usted à quelqu’un que tout le monde tutoie déjà.

    Ce que l’on entend

    quelqu’un qui garde ses distances.

Un autre exemple
  • Pour être poli, vous tournez votre demande de façon très correcte, presque officielle.

    Ce que l’on entend

    une demande distante, pas un service entre amis.

À force, vous avez des amis francophones. Des amis hispanophones, plus rarement.

En intimité

  • Vous n’arrivez pas à dire cariño ou mi vida : dans votre bouche, c’est ridicule.

    Ce que l’on entend

    de la froideur, ou quelqu’un qui n’arrive pas à se livrer.

  • Un mot laissé à la maison : « Merci de fermer la fenêtre ».

    Ce que l’on entend

    du froid, presque un mot de service.

2 autres exemples
  • On vous raconte quelque chose d’important, sur un ton qui, en espagnol, appelle une vraie réaction. Vous répondez calmement.

    Ce que l’on entend

    de l’indifférence, ou que rien ne vous touche vraiment.

  • Quand ça s’échauffe, vous passez à votre langue, ou vous vous taisez.

    Ce que l’on entend

    quelqu’un qui se ferme, ou qui fuit la discussion.

Aucune de ces phrases n’est une faute. C’est précisément le problème.

Vous mettez cela sur le compte de la langue. Personne d’autre ne le fait.

Ce qui se passe vraiment

  1. Personne ne corrige une phrase correcte. Votre interlocuteur ne se dit pas « son espagnol est imparfait ».

  2. Il ressent un décalage, il ne sait pas le nommer, et il en tire une conclusion sur vous :

    distant, hésitant, un peu froid.
  3. Puis il passe à autre chose, et vous ne saurez jamais que c’est arrivé.

Le plus injuste : plus votre espagnol s’améliore, moins on vous le pardonne.

Au début,

on met tout sur le compte de la langue, et on vous trouve courageux.

Le jour où vous parlez bien,

on met tout sur le compte de votre personnalité.

Pourquoi personne ne vous l’a jamais dit

À chaque fois, c’est trop petit. Trop petit pour que l’on vous corrige, trop petit pour que vous en parliez. Et comme personne ne le nomme, rien ne l’arrête.

C’est ce qui explique que dix ans n’y aient rien changé. Ce ne sont pas dix ans d’un grand malentendu. Ce sont dix ans de malentendus minuscules, dont aucun ne méritait d’être relevé, et qui ont fini par dessiner de vous quelqu’un que vous ne reconnaissez pas.

Pourquoi vos cours n’y ont rien changé

Ce n’est ni du vocabulaire ni de la grammaire.

C’est la distance entre ce que vous dites et ce que l’on entend.

  • Aucun manuel ne la traite,
  • aucun correcteur automatique ne la voit,
  • et vos interlocuteurs hispanophones ne savent pas la nommer : ils la ressentent, c’est tout.

Vous pouvez donc accumuler les cours, les applications et les séjours, et rester exactement au même endroit.

Ce n’est pas un manque de travail. C’est que personne ne travaille cela. On laisse les années s’en charger.

Cinq couches. C’est là que ça se joue.

Ce que vous ressentez depuis des années comme une gêne diffuse se divise en cinq parties, et chacune porte un nom. Quatre décrivent ce que l’on entend de vous. La cinquième décrit ce qui ne vous parvient pas.

  1. 1.

    Comment vous sonnez

    Ce que votre mélodie dit à votre place, quand elle vient du français.

  2. 2.

    Comment vous construisez

    Pourquoi vos idées arrivent plus plates qu’en français.

  3. 3.

    Comment vous vous présentez

    Pourquoi on vous trouve distant alors que vous êtes poli.

  4. 4.

    Avec quelles images vous pensez

    Ce que vos comparaisons disent de vous sans que vous l’ayez décidé.

  5. 5.

    Ce que l’on vous demande sans le dire

    Ce qui vous était adressé sans qu’aucun mot ne le signale.

Ces cinq parties ont un nom en espagnol, Las Capas, et elles se travaillent dans cet ordre.

Yurniel Lahera adossé à un mur clair, une main sur la hanche, le regard hors champ

Qui suis-je

Pourquoi je sais ce que l’on entend quand vous parlez espagnol.

Je m’appelle Yurniel Lahera Villa. Je suis cubain, j’enseigne l’espagnol depuis quinze ans et je vis en France depuis 2015.

Pendant huit ans, je l’ai enseigné à la faculté d’espagnol pour non-hispanophones de l’Université de La Havane, à des étudiants qui n’avaient aucun point d’appui dans ma langue : des Chinois, entre autres, à qui j’ai aussi enseigné un an à Dalian. Quand vous expliquez l’espagnol à quelqu’un qui ne peut deviner aucun mot, vous apprenez à le démonter pièce par pièce. C’est de là que vient tout le reste.

J’ai enseigné ensuite au Venezuela, puis en France, en lycée et à l’IUT. Chez moi, on parle espagnol : mes deux enfants ont grandi avec cette langue sans avoir suivi un seul cours de grammaire.

Et je connais l’autre côté. Chez Amazon, j’ai vu deux responsables, l’un brésilien, l’autre américain, diriger une équipe en français correct. Leur autorité ne tenait qu’à un souffle : à la première intonation qui détonnait, un petit rire passait dans l’équipe, et ce rire ne visait pas une faute de grammaire, il visait la personne qui venait de parler. Je sais exactement ce que vous vivez, parce que je l’ai vu se produire à l’envers.

Yurniel Lahera et son étudiante en toge et coiffe universitaire, qui tient son diplôme, photographie d’archive en noir et blanc
Mon étudiante, à Dalian. Sa langue maternelle ne partage aucune racine avec l’espagnol : elle vient d’obtenir sa licence de langue espagnole pour non-hispanophones, délivrée par l’université de La Havane. 2012.
  • +3 000

    heures devant une classe

    De vrais groupes, dans de vraies salles. Pas des visioconférences.

  • 4 pays

    deux systèmes éducatifs

    Cuba, la Chine, le Vénézuela, la France.

  • +15 ans

    d’enseignement

    Université, collège, lycée, enseignement supérieur technique, éducation des adultes au Vénézuela et cours particuliers.

  • Master

    en enseignement universitaire

    De la première heure d’espagnol au séminaire de master pour hispanophones natifs et non-natifs.

Quinze ans, quatre pays, et partout la même chose : ce que l’on veut dire n’est pas toujours ce que l’on entend. C’est de là que vient le test.

Ce que vous recevez

  1. Le test des dix paires : dix situations, deux phrases correctes à chaque fois, une seule qui sonne naturel. Trois minutes.

  2. Puis les dix explications, avec l’audio de chaque phrase naturelle dite par moi.

  3. Ensuite, une lettre de temps en temps. Vous vous désabonnez en un clic, et je ne vends votre adresse à personne.

Ce n’est pas pour vous si

  • Vous débutez en espagnol. Ici, on part du principe que vous vous débrouillez déjà.
  • Vous cherchez trois phrases pour un week-end à Valence, en Espagne. Ce n’est pas ici.
  • Vous cherchez des cours de grammaire ou du vocabulaire. Il y en a d’excellents ailleurs.
  • Vous voulez parler couramment en trois mois. Ce n’est pas ce que je sais faire.

Ce travail commence là où l’on vous corrige à peine en espagnol.

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Salle de classe pleine d’adultes au Venezuela, photographie d’archive en noir et blanc
Venezuela. Une salle pleine pour un cours de lecture critique de la presse écrite : voir comment un texte est construit pour orienter son lecteur.

Le test des dix paires

Retrouvez en espagnol l’autorité et la nuance que vous maîtrisez en français.

Dix situations réelles. Deux formulations correctes à chaque fois. Vous verrez laquelle vous prenez, et ce que cela dit de votre espagnol.

Le test ne mesure pas votre niveau : il révèle si vous choisissez en espagnol, ou si vous traduisez du français sans le savoir.

Pas une vie en espagnol et une vie en français. Une seule vie.
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Trois minutes, dix situations, résultat immédiat.